Jacques derrida glas pdf

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Please forward this error screen to sharedip-10718044127. En faisant de la différence sexuelle une donnée naturelle, Hegel légitime-t-il la domination masculine ? Ses thèses sur la lutte pour la reconnaissance jacques derrida glas pdf au contraire un outil critique précieux pour le féminisme contemporain, nous dit J.

On s’accorde généralement pour voir en Hegel un phallocrate dont la philosophie viserait à justifier rationnellement l’infériorité de la femme par rapport à l’homme. Jacques Derrida a ainsi souligné le  phallogocentrisme  de la philosophie hégélienne et Luce Irigaray a montré comment celle-ci s’avérait incapable de parler de la femme et de lui donner un rôle dans l’histoire. Pourtant, le rapport de la philosophie hégélienne aux femmes est plus complexe que ce que ces textes suggèrent. Il y a donc bien une percée féministe dans la philosophie hégélienne et c’est celle-ci que nous voudrions explorer ici en montrant comment l’actualisation de la pensée de Hegel pourrait s’avérer utile pour prendre position dans certains débats du féminisme contemporain. La révolte d’Antigone La section  Esprit  du sixième chapitre de la Phénoménologie de l’esprit, dans laquelle Hegel étudie des moments importants de l’histoire du monde, s’ouvre sur une analyse de la cité grecque.

L’originalité de Hegel est de ramener la différenciation des deux lois à une division fonctionnelle des sexes. Les femmes étant exclues de la vie publique dans la cité, c’est aux hommes que revient le privilège de décider de la loi humaine et de l’organisation politique de la communauté. Les femmes, elles, sont cantonnées à la sphère familiale et doivent veiller aux funérailles. Hegel poursuit son analyse de la condition des femmes dans la cité grecque en cherchant à comprendre en quoi elle est liée au déclin historique du monde grec. Pour ce faire, il montre que l’organisation de la cité est perturbée par l’action des individus. Par son action, l’individu obéit de manière consciente et volontaire aux lois. Or, cette implication de l’individu ouvre la voie à de potentiels conflits entre les deux lois.

Ainsi, si la cité grecque a dû laisser sa place dans l’histoire, c’est parce que son organisation harmonieuse masquait des structures sociales contradictoires fondées sur la domination phallocratique. L’exclusion des femmes par les hommes a constitué au sein de la cité une communauté autonome capable de se révolter contre la loi masculine et de fragiliser le monde grec. La féminité, en tant qu’elle constitue ce qui définit les femmes en tant que telles, s’avère résulter d’une exclusion qui vient travailler de l’intérieur le lien social pour le faire exploser. Quelles sont les conséquences d’une telle compréhension hégélienne de la féminité ? Le fondement naturaliste de la domination On peut lire dans la philosophie de Hegel une fondation naturaliste de la domination masculine. Phénoménologie de l’esprit qui inscrit l’individu dans la naturalité du désir.

La dimension sexuelle du désir est nettement exprimée dans le terme allemand Begierde qui, parce qu’il est conçu comme consommation de son objet, peut aller ici jusqu’à signifier l’agression sexuelle. Les consciences font alors l’épreuve d’une lutte à mort dont il résulte un rapport de domination au sein duquel le maître redevient un être de pur désir. Relue à l’aune de son introduction, la dialectique du maître et de l’esclave peut être comprise comme une dialectique entre les sexes. Le désir s’avère être le fondement naturaliste des relations inégalitaires entre les sexes au sein du monde grec.

On comprend alors pourquoi Hegel parle de  l’éternelle  exclusion dont sont victimes les femmes. On se gardera pourtant de faire de Hegel un naturaliste simpliste puisque, pour lui, la nature est toujours médiatisée par l’esprit, par la culture. La naturalité violente du désir est toujours réinscrite dans l’ordre culturel, ce qui permet de comprendre que la domination masculine prenne différentes formes dans l’histoire, mais aussi qu’il soit possible de lutter contre elle. En cela, on peut qualifier la posture hégélienne de réaliste. Il existe cependant deux manières d’interpréter cette posture.

La première considère que Hegel ancre la domination masculine dans l’éternité pour la justifier et légitimer le fait que jamais les femmes ne pourront échapper à la domination qui s’exerce sur elles. La seconde interprétation, qui est celle que nous défendons, comprend cette éternité comme une mise en garde lucide et un appel à la vigilance. Dans cette perspective, un féminisme qui se revendiquerait de Hegel ne justifie pas la domination phallocratique, ni ne pense qu’elle ne pourrait être remise en cause, mais insiste sur sa potentialité permanente et sur la nécessité conséquente de lutter contre elle. Dépassée aujourd’hui, cette conception bourgeoise du mariage n’en était pas moins progressiste à l’époque.